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Blog mis à jour: 22/09/2008 16:52

Blog de Joël PROST

LES EDITIONS POAIZIE 

CONTACT:   prost.joel@orange.fr

 

Peindre comme un écrivain qui imagine sa fiction et écrire comme un peintre qui agit par touches superposées pour donner l'impression ressentie, tel est mon objectif. J'ai la « poaizie » au fond de moi, pour mieux cibler voir note poésie. Mon art est souvent naïf, comme ce tableau, aurore sur Pouilloux (71) ci-dessus. Mon coeur parle plus que la raison, parfois une personne peut bouleverser ma personnalité et me diriger vers une nouvelle forme de création, (voir note art contemporain). L’art, la littérature doivent être créatifs, tout comme l’amour. Sinon, nous tombons dans une banalité à pleurer, et pleurer n’est pas le verbe que je préfère, je choisirais plutôt aimer, même s’il est très irrégulier.
Vous découvrirez dans les albums photos des photographies et dans les notes des explications de mes créations artistiques. Certains de mes tableaux sont exposés au restaurant Le Péché Gourmand à Perrecy les forges (71). Pour tous renseignements ou pour un acheteur potentiel me contacter à

prost.joel@orange.fr
Vous pouvez trouver aux Editions Le Manuscrit, mon roman La Vitre, (voir fichier roman la vitre) ou par demande à mon adresse e.mail. Des renseignements sur mes travaux d’écriture et mes réalisations sont aussi présentées.                                                                  Joël PROST

 



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[14/08/2008 18:24]
MES TEXTES ECRITS ET LUS POUR DES VERNISSAGES

DISCOURS DU 22 SEPTEMBRE 2001 RESTAURANT PECHE GOURMAND PERRECY LES FORGES (71)

 

       Il ne faut pas croire que les artistes sont des doux rêveurs. Ils permettent souvent d’améliorer le quotidien. Le facteur Cheval, tout en créant son Palais Idéal a inventé la technique du béton armé. Mon oncle, Maxime Descombin, sculpteur sur métaux, a réalisé une technique de pliage et aujourd’hui, le monde industriel l’utilise. L’endroit où partent les fusées de Jules Verne dans ces romans est le même qu’emploie la NASA, situé en Floride. Des astronomes ont étudié lé ciel de Van Gogh dans Scintillement à Arles, ils ont remarqué l’extrême précision de l’observation de Van Gogh.

      Je terminerai par deux vers du poème de Boris Vian, Je voudrais pas crever, Je voudrais pas crever avant d’avoir vu tous les journaux en couleur, et malheureusement ce n’est pas le cas aujourd’hui.

 

 

DISCOURS DU 21 SEPTEMBRE 2002 RESTAURANT PECHE GOURMAND PERECY LES FORGES (71)

 

       Le jeune Victor Hugo a dit: “Je serai Chateaubriand ou rien.” Cette phrase résume tout le génie littéraire de Chateaubriand mais exprime également toute la volonté et l’incertitude d’un écrivain ou d’un artiste face à son œuvre. L’essence première d’un écrivain ou d’un artiste est la création. C’est à partir de millions de petits riens que des ingénieurs inventent une nouvelle technologie, que des chercheurs rallongent l’espérance de vie, que des artistes nous apportent quelques instants de rêves dans un monde difficile à vivre. L’année passée, j’avais expliqué que les artistes, les écrivains participaient à la métamorphose de la société, aussi bien du point de vue psychologique que technique. Le but de l’art n’est pas de s’admirer le nombril mais d’évoluer dans son imagination et d’en faire profiter les autres.

     Il faut tuer cette image de gens légers que pourraient avoir les artistes et les mettre au service du public qui recherche souvent le réconfort dans le dur labeur de la vie. Je serais malhonnête si je disais que créer pour moi est une corvée, c’est un plaisir qui demande beaucoup de sacrifice, beaucoup d’efforts car on ne peint pas sans une certaine maîtrise du pinceau, on n’écrit pas sans que la sueur perle au front, c’est souvent une profonde et longue réflexion. Faire n’importe quoi n’est pas l’objectif de l’artiste. Ensuite, c’est une question de personnalité qui permettra d’évaluer l’œuvre mais on ne triche pas avec l’art, et comme le disait Van Gogh de ses tableaux, “c’est de la peinture un peu changeante d’aspect, qui prend richesse en regardant plus longtemps.

     On entre dans l’art comme on entre dans une église, j’exerce ce week-end mon sacerdoce grâce aux cafés de pays avec comme maître de cérémonie Laure et Eric, je les remercie ainsi que vous, cher public, venus à la rencontre d’un artiste qui se dit: le plus important, ce sont les œuvres futures. Merci.

                 

DISCOURS 20 SEPTEMBRE 2003 RESTAURANT PECHE GOURMAND PERRECY LES FORGES (71)

 

      Burton, le chanteur des Animals, à chaque spectacle, montait sur scène comme si c’était la dernière fois, comme s’il allait mourir à la fin du concert. Si la présence de la fin ou de la mort n’est pas toujours accentuée dans la création d’une œuvre d’art, il faut cette angoisse qui permet d’affirmer l’esthétique, la beauté, la joie, le songe car si nous rêvons, c’est pour oublier nos instants difficiles en espérant que notre songerie apportera au futur un bien-être, ou (comme Rimbaud,) l’amour.

 

LA ROBE D’AQUARELLE

Un frêle arbrisseau

Le long d’un ruisseau,

Une hirondelle s’enfuit

Et de mes yeux, je la suis,

Le soleil étincelant

A l’horizon incandescent,

De la verdoyante plaine,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage.

 

Un chemin tortueux,

Des bruits fabuleux,

Un chien bien gentil

Passe et repasse ici,

Un lièvre roux sautille,

La saveur d’une myrtille,

Tu sors de la maisonnette,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage.

 

Avant tout, dans ma peinture, je recherche l’esthétique, le rêve, et si quelquefois, le bleu de mon ciel tournoie, ce n’est pas par maladresse, ou mauvaise qualité des pinceaux, mais par tourments, mon bras communique avec mon anxiété de l’instant, ou la joie, ou la douleur, mais surtout, j’exprime mon mal de vivre par une espérance de couleurs, une violence quelquefois par des tonalités vives, mais moi, je ne recherche que l’amour.

 

LA ROBE D’AQUARELLE

Le cheval fier et beau,

Le coq et son cocorico,

Une aurore flamboyant,

Un oiseau chantant,

Un poisson à ma ligne,

Une blessure bénigne,

Tu me disputes cruelle,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage.

 

Une vache rumine,

L’orage arrive,

Un éclair intrépide,

Un nuage sinistre,

La grêle tombe,

Le tonnerre gronde,

Tu deviens fillette,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage.

 

Van Gogh a écrit, pour réussir dans la vie, il faut de l’ambition, moi l’ambition, je trouve ça absurde. Je crois que beaucoup de gens devraient réfléchir avant d’agir, pour un poète bienfaiteur, combien faut-il de dictateurs, pour un peintre visionnaire, combien de charlatans remplis de conviction. Peindre, c’est aussi faire plaisir à l’observateur car la peinture ne peut exister que si il y a admirateur, paradoxe, il faut également créer pour aller plus loin dans ce moi intérieur, dans ce cerveau inexploré où se cachent des trésors, mais où est la limite entre le tout et le rien, dans ma peinture, s’il y a quelquefois abstraction, c’est toujours à partir d’une réalité, ensuite chacun aura son analyse, par sa propre expérience ou sa culture personnelle, mais le plus important dans cette vie, c’est d’aimer, quel que soit notre âge.

 

 

LA ROBE D’AQUARELLE

Les yeux dans les yeux,

Ton regard bienheureux,

Nous oublions l’univers,

Douce est la folle herbe

Où toujours tu te donnes,

Où tu t’abandonnes.

Notre enfant va bientôt naître,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage.

 

Puis main dans la main,

Dans le sentier incertain,

Doux semble l’avenir,

Joyeux deviennent les sourires,

Naissent les rides,

La vieillesse timide,

Derniers jours éphémères,

Tu apparais encore plus belle,

Sur ta robe d’aquarelle,

Je dessine un je t’aime,

Et comme l’idiot du village,

Je pose mes lèvres sur ton visage

 

DISCOURS DU 3 MAI 2004 BIBLIOTHEQUE DE POUILLOUX (71)

 

      La dernière fois que j’ai eu autant de monde, c’est à l’Olympia, vous connaissez la salle de spectacle parisienne, ouais, j’ai fait l’Olympia, en fait, je n’ai pas fait la scène de l’Olympia, je faisais le clown sur le trottoir, les gens attendaient d’entrer à l’Olympia, il y avait là le monsieur sérieux qui lisait le Figaro, sans la liberté de blâmé, il n’y a pas d’éloges flatteurs, il y avait là l’obsédé du portable, l’enfant qui réclamait en pleurnichant son paquet de pop corn, il y avait là les amoureux qui se bécotent sur les bancs public, il y avait là la jeune femme qui ne cessait d’admirer son dernier corsage acheté au supermarché et à côté d’elle, l’homme qui essayait de regarder à l’intérieur du corsage les deux petites choses érotiques. Tous ces braves gens allaient voir Frédéric François, lui, il donne dans la chanson d’amour, moi, je donne plutôt dans le chagrin d’amour. De toute façon, l’amour, ça finit toujours mal , ça finit soit par un chagrin, soit par un mariage, mais ça finit mal, alors moi, j’ai épousé l’art.

       L’art, c’est l’homme ajouté à la nature- la nature, la réalité, la vérité, dont l’artiste fait ressortir le sens, l’interprétation, le caractère, qu’il exprime, qu’il dégage, qu’il démêle, qu’il libère, qu’il éclaircit. Vincent Van Gogh

       Je vous souhaite le bonsoir, comment allez-vous ce soir, et en plus j’ai écrit des rimes, je ne vais pas faire de frime, de l’amour j’ai rêvé mais je me suis toujours sauvé, il ne suffit pas d’écrire des rimes pour être un grand poète, il faut aller au sommet des cimes, et se dire que ce monde est tempête.

       Je peux regarder vos chaussures, s’il vous plaît, vous n’avez pas mal aux pieds, les miennes me serrent, regardez, trop étroites, mal à l’aise dans mes chaussures trop étroites, d’où vient que je sois à l’étroit dans la société où je vis. Cet aphorisme est de Maxime Descombin, artiste aux multiples talents décédés en 2003. L’un des inventeurs de la sculpture sérielle, Innovateur, précurseur de l’art contemporain, sa création va du mobilier à la sculpture monumentale en passant par la tapisserie, le décor et les costumes pour l’opéra, les reliefs animés de verre coloré, de la peinture et du dessin, des collaborations avec des architectes, en France ou à l’étranger. J’ai eu la chance de le côtoyer, nos discussions passionnés se finissaient souvent par des disputes mais j’ai eu également des moments moins passionnels où nous nous confiions tous nos tourments, nous ne voyions peu de solution à ce monde, sinon, la place de l’art dans notre société. L’art doit se confondre dans les décors quotidiens de notre vie pour donner l’apparence esthétique, d’une provocation, d’un instant poétique, d’une imagination.

          La démarche de Regards d’artistes va de ce sens. Je remercie donc monsieur le maire, la municipalité de Pouilloux, et mon ami Christian Soroka d’avoir eu cette idée et de me donner l’autorisation d’exposer à la bibliothèque, ainsi que vous, public d’être venu. Sans public, sans exposition, il n’y a pas d’artiste. Je tiens à préciser que chaque mois, un artiste différent exposera ses œuvres, peintures, sculptures, figuratif, art contemporain, la vitrine de Pouilloux est ouverte à l’art, et vous pourrez visiter ces expositions aux heures d’ouverture de la bibliothèque ou pendant la permanences des artistes.

       Comme je l’ai dit souvent lors de mes expositions au restaurant Le Péché Gourmand à Perrecy les Forges, le plus important, ce n’est pas ma présence physique, c’est ma création. Certains l’aimeront, d’autres non, à chacun sa sensibilité mais je continue à penser qu’il faut de la poésie dans l’écriture, dans la peinture, dans la sculpture ou toute forme artistique. L’art est avant tout une sensibilité, même dans la provocation, provocation envers la bêtise humaine, l’art est avant tout une sensibilité qui doit apporter l’esthétique, la couleur, le mouvement avant toute forme de dessin, l’art est depuis la préhistoire le message des hommes issu de la profondeur de leurs pensées, de leurs mois domestiqués par le savoir-faire et l’expérience du temps qui passe et qu’on appelle siècle.

       La valeur esthétique d’une œuvre d’art doit accompagner sa lecture, sa compréhension, les angoisses ou les joies du créateur, ses rêves, mais il n’est pas toujours facile de rentrer dans le moule, d’où quelquefois, le recul qu’il faut pour comprendre l’œuvre.

       L’art rejoint quelquefois la science, Maxime Descombin en sculptant l’acier a inventé une technique de pliage, à signaler que pour certaines de ses sculptures sérielle, le poids peut atteindre la tonne, qu’elle tourne sur elle-même, sur un socle, véritable prouesse technologique. Jules Vernes avait imaginé les défis techniques de notre époque, Hergé dans Tintin avait donné bien avant l’heure une certaine vérité de On a marché sur la lune, d’autres albums comme l’étoile mystérieuse ou le temple du soleil ont une vérité scientifique. Les savants analysent les auteurs de science-fiction, entre autre Asimov.

      Dans mes tableaux, dans mes écrits revient souvent le prénom de Michelle. Je l’ai connue en 1977, je travaillais dans la région parisienne, nous avions 22 ans. A l’époque les tempêtes tourmentaient mes pensées. La vie nous a séparés, je l’ai revue l’été dernier, elle se cache dans la France profonde, elle semble ne plus vouloir rencontrer son passé, le visage défiguré par un accident de la route. José, aujourd’hui décédé, qui habitait à Pouilloux, la connaissait, il venait souvent dans la vallée de Chevreuse où j’habitais. Le destin a voulu que ses deux amis soient victimes d’accidents de voitures, Michelle m’a dit un jour soit plus romantique, et j’ai transformé mes textes en leur donnant une dose de romantisme, José m’a dit, ne te contente pas d’écrire, tu as besoin de travailler avec tes mains, aujourd’hui je ne me contente plus d’écrire, je peins. Quelquefois des phrases insignifiantes permettent de réfléchir et de tenter d’autres expériences enrichissant.

       Pour mes tableaux, souvent, je dessine sur place et je peins chez moi, imaginant une scène ou les couleurs de mon rêve. Les anges et les démons se promènent dans mon cerveau, et lorsque les démons gagnent la partie, je me mets à écrire, chassant les idées de mort en leur donnant la forme poétique d’une intrigue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la nature,- heureux comme avec une femme.

      J’ai trouvé ça dans un livre, le livre je l’ai récupéré dans un supermarché entre le sourire forcé d’une caissière qui en a marre de voir défiler la société de consommation, un litre d’huile et un kilo de sucre, il a été écrit par un petit poète, la preuve, il n’a jamais passé à star académie, ou à la ferme, encore moins au loft, il s’appelle Arthur Rimbaud.

       Moi, je préfère comme Rimbaud aller bien loin dans la nature où mille oiseaux chanteront, où mille fleurs écloront, où mille abeilles donneront un miel au nectar fabuleux de mille roses, et là, sur un tapis de mousse, toute nue, tu m’attendras. Je te prendrai par la main, tu te lèveras et tu viendras te blottir tout contre moi, m’offrant ta chaleur maternelle. Je poserai ma bouche sur tes lèvres sensuelles, et comme l’a écrit Boris Vian, Je voudrais pas crever Avant d’avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux J’en dis pas plus faut bien Rester révérencieux. Puis heureux d’être deux, les servitudes de la vie arriveront, nous regarderons l’albatros de Baudelaire qui ne peut plus voler car il a des tonnes de mazout sur les ailes, et comme Verlaine, Sans amour et sans haine, mon cœur a tant de peine, tant de peine à voir l’homme et son autodestruction. Comme le chante Les têtes Raides : L’amour qui n’a plus de raison, allons voir si les filles du port sont toujours si dévêtues. Je voudrais pas crever non messieurs non mesdames avant d’avoir tâté le goût qui me tourmente le goût qu’est le plus fort je voudrais pas crever avant d’avoir goûté la saveur de la mort, (Boris Vian), Rien première matière inépuisable rien (Maxime Descombin). Et tu verras, tu verras une étoile brûlera pour toi, Quand tous les tambours résonneront, o ! Répondront qu’il y a mille façons de dire ton nom, (Les Têtes Raides).

 

 

     Je vous remercie de votre écoute, je vous retrouve devant le verre de l’amitié, l’art est comme le vin, c’est avec le temps qu’il se bonifie. Merci.

 

 

DISCOURS 8 AVRIL 2005 BIBLIOTHEQUE DE POUILLOUX

 

Pouilloux s’expose avec des peintres, des photographes, des sculpteurs, des musiciens. En parlant de musique, lorsque j’étais musicien de Johnny Hallyday, un jour, il me dit, donne-moi le la, je lui donne le ton, il me répond, je t’ai pas demandé un sol mais le la, je lui réponds, mais si tu es ici, c’est bien que tu es sur le sol et que tu n’es pas là. Il me répond, tu ne mesures pas la portée de tes jeux de mot, t’es un fat, je t’envoie presto dans la forteresse de l’île de Ré et je te ferme à clé. C’était l’époque où je couchais avec Mimi, celle qui me tournait toujours le dos.

Pouilloux s’expose avec des peintres, des photographes, des sculpteurs, des musiciens. L’art n’est pas réservé à une élite, qu’on le pratique de temps en temps, souvent, passionnément, l’art demeure l’art, et personne n’en a l’exclusivité, l’instant de création permet d’admirer différents styles, différentes sensibilités, et c’est en menant une politique de masse que l’on découvre des talents, en n’oubliant pas que le génie, c’est dix pour cent d’inspiration et quatre vingt dix pour cent de transpiration.

Pouilloux s’expose, j’ai posé mon regard de poète sur mon village natal et j’ai noirci la page blanche. Une route sinueuse serpente le long de la colline. Au sommet de cette petite montagne, nous découvrons des maisons agglutinées comme un troupeau autour d’un berger, notre église. Une place, quelques polliaciens, une chanson, quelques feuilles venues du bois de Chaume, le tout est accompagné d’étranges courants d’air qui balaient les platanes de mon enfance.

A sept heures du soir, une cloche retentit dans le village, réveillant bourg et hameaux, rappelant aux hommes le retour de la somnolence, près des amours. Les chemins de la vie arrivent dans ce bourg tranquille, routes forestières, bois de Thomasse, bois de Cressus, bois de Chaumes, les Autels, n’ont-ils pas une consonnance poétique. Comme dans la chanson sous les ponts de Paris, sous le pont des vernes, lorsque descend la nuit comme il n’a pas de quoi s’payer une chambrette, un couple heureux vient s’aimer en cachette, et ce qui n’est pas dit dans cette chanson populaire, ils remontent aux Seux et ils se confondent dans mon rêve, avec les cieux.

Je suis souvent parti en voyages, vers d’autres pays ou d’autres régions, à la recherche de ma création. La poésie est une fin en soi, l’absolu se rencontre toujours à l’horizon mais celui-ci à la fâcheuse habitude de s’éloigner. Très jeune, j’ai quitté mon village natal, je suis allé vers d’autres paysages, à la conquête de Paris déjà envahi, je vais bientôt déménager pour une autre colline voisine mais j’ai aimé cette route sinueuse qui serpente le long de la colline. Au sommet de cette petite montagne, je reviendrai asseoir ma nostalgie et revoir mes souvenirs d’enfance.

Mais il faut aussi se réveiller, la vie, ce n’est pas du laxisme mais un dur combat, afin non pas de guérir l’homme de la mort mais de toujours prolonger la vie. Il est déjà prouvé que l’homme est conçu pour vivre cent vingt ans, s’il meurt avant, c’est une question d’environnement, d’hygiène de vie, d’informations médicales erronées, la vérité scientifique d’aujourd’hui sera mensonge demain. Je suis sûr que chez l’humain les gênes de l’immortalité existent, que nous avons passé d’un stade rural à un stade urbain et que nous passerons à un stade sidéral, d’où une plus grande étendue pour les hommes. A l’heure actuelle nous mourons pour laisser la place aux autres, mais demain, nous aurons l’espace infini. Et comme le poète, il faudra tendre des fils d’étoile en étoile. Pour arriver à cela, nos critères scientifiques, politiques, sociaux ne sont pas encore adaptés mais croire en la vie, c’est croire à d’autres mondes, à d’autres univers et comme l’a écrit le poète et dramaturge allemand Schiller au XVIII siècle : Le siècle n’est pas mûr pour mon idéal. Je vis en citoyen des siècles à venir.

Et maintenant, avant de laisser la place aux musiciens, Julien Richard et Julien Lagrange, je vais vous lire un poème en prose que j’ai écrit en l’honneur de Maryvonne, Maryvonne, vous la découvrirez au fil des lignes, ça s’intitule les petits papiers de Maryvonne.

 

 

DISCOURS DU 9 DECEMBRE 2005 BIBLIOTHEQUE DE POUILLOUX

 

Il y a environ cinq mille cent jours, lors d’une soirée, proche de Noël, j’ai fait plus ample connaissance avec une jeune femme. Elle portait une robe rouge. Nous avons dansé ensemble, nous avons tourbillonné, et par enchantement, mes angoisses ont disparu. Je sentais monter en moi la sève de l’amour. J’étais bien dans ses bras, j’avais posé mes mains sur son dos, et j’avais enfin touché le paradis, même s’il fallait tenir son fils qui réclamait sans cesse sa maman. Puis elle est partie où le devoir l’attendait, je respecte, il faut toujours que ça arrive trop tard je me suis dit, mes tourments sont revenus, j’ai fini la soirée dans la folie nébuleuse de l’alcool, je l’ai aimée dans l’ombre, cinq mille cent jours, je la voyais sur un lieu où beaucoup de gens ne préfèrent pas venir mais moi, j’attendais ces quelques minutes où je pouvais la voir, j’ai appris à la connaître, ses yeux qui clignotent lorsque de petites angoisses la perturbent, ses mains rêches, parfois douces lorsqu’elle les enduit de crème, sa façon de balancer sa tête et ses cheveux, ses rires criards, sa voix parfois tendre, parfois ferme lorsque je l’embrasse à l’envers ou lorsque je fais l’imbécile, et c’est souvent, la forme de ses jambes et je n’en dis pas plus, faut bien rester révérencieux, je pourrais la dessiner les yeux fermés. Je suis un homme de l’ombre, je l’ai aimée dans l’ombre.

Je suis resté seul, bien sûr, d’autres femmes sont intervenues dans ma vie, mais je suis le plus nul des dragueurs de la terre, ou je n’aime pas les amours superficiels, chaque fois que je la revoyais, j’avais besoin de l’aimer, je la cherchais dans les autres, le temps qui passe me l’a confirmé. Aimer c’est toujours découvrir de nouvelles facettes de l’autre, de partager les émotions et les sentiments, d’être complice face aux moments difficiles, et de pardonner les instants rebelles. Bernard Clavel a écrit, ce sont les petites disputes qui font les grands amours. Je l’ai aimée dans l’ombre. L’écriture m’a guéri de mes rêves inachevés ou de mes déceptions.

Maman, tu as coupé le cordon ombilical trop vite, je suis parti à l’hôpital pour une sale maladie. Maman, ne crois pas que les enfants n’ont pas de mémoire, dès la naissance, l’inconscient enregistre bons et mauvais souvenirs, viens certaines nuits dans mes cauchemars, tu comprendras. J’ai eu mal à la tête, j’ai mal à la tête, traumatisme psychique jusqu’au dernier jour, les réminiscences et le désespoir sont restés ancrés dans ma mémoire. Chaque fois que j’aime une femme, je la vois toujours fuir, comme toi, m’abandonnant derrière cette vitre. Pour que j’exprime mes sentiments, il faut toujours m’aider à la briser. Depuis que j’ai l’âge de comprendre, j’ai su que je ne serais jamais comme les autres, qu’il me faudrait me battre plus que les autres.

Rappelle-toi maman, dans cet hôpital, lorsqu’ils m’ont ramené dans ma chambre où tu m’attendais, tu m’as dit que j’étais blanc comme un mort, j’avais du sang dans mes cheveux, sur mon visage, sur mon corps. Je sais très bien ce qu’il s’est passé dans cette salle de soin, je me suis débattu comme un fou, deux médecins pour me tenir, ils n’avaient qu’une certitude, leur science, moi, j’avais la mienne, mon corps. Je sentais bien le sang dans ma gorge, puis dans ma bouche. Tu as été pris d’un malaise, tu étais derrière mon lit, je me souviens, je me suis dit : tiens ! Ils arrêtent de s’acharner sur mon corps, mais c’était pour s’acharner sur toi. Ce jour-là, j’ai ressenti un grand vide de te voir inanimée.

L’acharnement thérapeutique est une bonne chose au-delà des douleurs engendrées, ça vaut le coup, je vous le jure, de se battre pour la vie.

A huit ans, quand tu m’aidais à faire le tour de ma chambre, tu me tenais par les épaules, j’étais trop faible, deux mètres à parcourir et pour moi, c’était un marathon. J’avais tellement peur la nuit de mourir, maman ! Je ne le disais pas, je garde tout pour moi, je suis un homme de l’ombre. Même allongé dans le lit, j’étais trop fatigué, même ta voix m’épuisait, même mes voitures miniatures, même mes soldats de plomb qui comme moi livraient un combat. Un jour j’ai demandé à voir mes deux copains, Jeannot et Bernard, ainsi que mon frère, tu leur disais de ne pas me parler trop fort, que j’étais très fatigué, de toute façon, je ne voulais pas écouter leur voix, je désirais seulement les voir une dernière fois, je sentais qu’elle rôdait dans cette chambre à peine éclairée. Pourtant, je voulais vivre, je désirais, un jour, courir plus vite que les autres.

Enfants du monde, enfants martyrisés, enfants exploités, enfants sans enfance, levez-vous, vous avez le droit de vous instruire, le droit de jouer, le droit de rêver, enfant de pauvre ou enfant de riche, tu es enfant, le monde doit être justice, enfants qui sautent sur les mines, enfants martyrs, enfants kamikazes, jouez avec vos poupées, vous avez le temps d’écouter les discours des endoctrineurs de tous genres.

Pour moi, la place de l’art est l’équivalent d’un piège que tendrait une femme amoureuse à l’homme, j’entends toujours dire c’est gagner à n’importe quel prix, c’est n’importe quoi, mais la morale guerrière ne vaut-elle mieux, combien de pays Bush a-t-il mis à feu ? Les USA, soi-disant le pays de la liberté, a installé les dictatures en Amérique latine, personne ne s’en offusque tandis qu’un piège tendu par une femme pour donner la joie à l’homme qu’elle aime est un geste beaucoup plus fabuleux.

Voici un texte intitulé je t’aimais tant. Je t’aimais tant, je recherche partout tes dents car je sais qu’une telle dentition, je ne la retrouverai plus, juste petit clin d’œil plein de tendresse et d’humour, j’espère que tu n’auras pas une dent contre moi.

Je t’aimais tant, redeviens comme avant. J’aimais tant ta façon de me conquérir avec ta sensualité et ton caractère de battante. J’adorais tes discussions sérieuses de femme mûre, pourquoi les rumeurs par dizaines ont-elles toutes détruites, toujours les rumeurs, certaines méchantes ? Je ne savais plus où se trouvait la vérité, où était ma propre vérité, la réalité était déformée par des prismes, mon inquiétude gagnait sur ma raison. J’ai confondu avec une autre femme, amour et respect alors que c’est toi que je cherchais. Tu as souffert, j’en suis certain, mais moi aussi. Certaines rumeurs laissent supposer… Je ne suis au courant de rien, de toute façon, je suis tolérant et compréhensif, quand on aime, on pardonne toujours. Nous avons tous une bombe dans la main gauche, la paix et l’amour dans la main droite, ainsi vont les hommes.

Pourquoi es-tu devenue si méchante, si peu confiante envers moi? Tes doutes m’ont rendu douteux. Tu sais, moi je pratique l’humour de seconde zone et des jeux de mots ringards mais je suis sérieux quand il le faut, surtout avec les sentiments. S’il te plaît, aide-moi à lutter contre les démons qui envahissent mon cerveau, mes angoisses m’empêchent d’agir. Parce que moi, je t’ai cherchée partout, sous les flonflons d’un bal du 14 juillet alors que tu discutais avec une amie, dans les rues, au travail, dans une discothèque, dans mes songes, la nuit, combien de fois j’ai rêvé de toi, que j’allais me réveiller à tes côtés, que j’entendrais la douceur de ta voix, et puis personne, trop loin de tes yeux bleus, partout, je te cherchais, et toi aussi tu me cherchais, même si je n’ai pas toujours compris. Il est trop facile de blesser deux êtres qui s’aiment. J’ai voulu caresser tes seins par amour pour toi mais une collègue est arrivée au même instant, j’ai arrêté mon geste, je te jure que je me laisserai aller dans ta chair avec le plus noble des amours. Rappelle-toi, nous étions tous les deux à une fête, un homme t’a bousculée et il t’a fait mal à une jambe, pour te consoler, je t’ai répondu que la douleur n’est que l’esprit fictif de l’imagination. J’ai dansé une nuit avec toi tout en tenant ton fils bébé, il y a cinq mille cent jours, je suis un homme de l’ombre, je suis capable d’aimer ainsi.

Je ne veux que ton bien et te donner tout le plaisir que tu désires. Si ta maison est ton rêve, je deviendrai le second facteur Cheval, nous construirons des fortifications autour de nos songes. Je ne te ressens plus comme une adulte, on ne plaisante pas avec les sentiments.

Je t’ai rencontrée un jour dans un commerce, tu m’as disputé, jalouse et aveuglée sans remarquer que je te regardais avec amour, non pas la commerçante. Combien de fois je t’ai invitée, il suffisait de te laisser aller, tout était prévu. Chez moi, tout est organisé, je n’ai pas le flou artistique mais la rigueur mathématique. J’ai une passion pour les équations, j’étudie à l’heure actuelle le théorème de Cauchy pour les équations linéaires, ce dernier affirme l’existence et l’unicité d’une solution maximale tout en précisant son ensemble de définition. J’espère que nous aurons, nous aussi, une solution maximale. Je t’aimais tant.

Aimer et être aimé est le plus important. L’amour de deux êtres naît d’un déclic et crée un lien. Ca peut être une sensualité identique, les mêmes passions, par exemple la peinture ou la randonnée en montagne, le besoin de partager des instants de tendresse ou fonder tout simplement une famille et avoir des enfants, les exemples étant illimités. Ce lien va entraîner parfois d’autres liens qui consolideront l’amour, un laps de temps ou pour toujours, ce que je vous souhaite.

On peut aimer une personne et ne pas l’être en retour parce qu’elle n’éprouve pas les mêmes sentiments que vous, ou qu’elle n’est pas libre, malgré que les familles re





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