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Tous les poèmes en vers ou en prose qui suivent ont été édités, soit dans des revues, soit dans des anthologies poétiques. POAIZIE Un bateau arrive au port, les marins hurlent leur joie. Le roi des astres brille dans la voûte azurée. Au large, quelques voiliers jouent avec la houle. Un véliplanchiste maladroit tombe à l’eau, son équilibre demeure toujours précaire, comme la poésie dans notre société. Son épouse, sur la plage, rit. Elle l’aime et cela suffit à son bonheur. Je monte sur ma planche à voile, (la poésie), et je file sur l’océan, le vent m’emporte, m’emporte... Je côtoie l’horizon. Le ciel et la mer se caressent, je suis le seul témoin de ce spectacle, ils vivent l’un pour l’autre, ils s’habillent de la même robe. Je deviens leur enfant, ils me nomment le poète malhabile, je veux bien les croire, mon narcissisme me laisse supposer un soupçon de talent, un tout petit soupçon, tout petit, s’il te plaît...
DEFINIR UN POEME N’EST PAS UNE DENTITION
Mes écrits s’incrustaient dans la boue Mais le temps défilait comme un fou. Dès que me regardaient tes yeux bleus L’univers s’étiolait par la faute d’un feu,
Mes pensées se noyaient cafardeuses. Je crayonnais ma destinée amoureuse, De ton corps je récoltais les caresses, L’ignorance se dessinait sans cesse.
La violence oubliait les instants tendres, Sur le chemin des pièges à prendre Le monde défilait avec ses fractures, Des mots s’ajoutaient avec des ratures
Restait tes vilaines dents inachevées. Je désirais te voir toute déshabillée, Mais le désert de la foule et sa solitude Installaient avec force et loi l’habitude.
Les affres de l’incertitude maladive Incrustaient désormais la parole fautive. La société a ses règles mais pas l’amour, Passaient les heures, passait le jour,
La poésie demeurait incomprise. J’offrais tous mes maux à la brise Je pense sans cesse à ta déclaration, Donner aux sentiments une définition… LA VITRE
Mes sanglots résonnaient par habitude Sur l’étendue morne de ma solitude. Dès que maman arrivait apeurée, Je riais fort pour ne pas lui montrer Que je souffrais derrière la vitre. J’étais tenté de lui dire mon titre, Maman, je désire tes caresses, Les soins ignoraient la tendresse.
En guise de dessert situation précaire, On m’offrait des ponctions lombaires. Dès que maman voyait mes blessures, Elle pensait que la vie loin d’être pure N’offrait que des douleurs inconnues. J’étais tenté de lui crier le corps nu, Maman je t’aime à la folie avec passion Mais en milieu aseptisé plus de solution.
La souffrance par la frontière de mon corps S’échappait avec puissance chaque aurore. Dès que maman arrivait la vie reprenait, Je désirais un amour plus-que-parfait. Le froid de la vitre ne fut pas une aura, J’étais tenté de me jeter dans tes bras, Décrire mot par mot ton instinct maternel, Te dire que des femmes tu es la plus belle. POUILLOUX Une route sinueuse serpente le long de la colline. Au sommet de cette petite montagne, nous découvrons des maisons agglutinées comme un troupeau autour d’un berger, notre église. Une place, quelques polliaciens, une chanson, quelques feuilles venues du bois de Chaume, le tout est accompagné d’étranges courants d’air qui balaient les platanes de mon enfance. A sept heures du soir, une cloche retentit dans le village, réveillant bourg et hameaux, rappelant aux hommes le retour de la somnolence, près des amours. Les chemins de la vie arrivent dans cette bourgade tranquille, la jeunesse communie avec la vieillesse afin d’oublier les idiots conflits de génération, mais la vie, par nécessité devient souvent conflictuelle. Et de haine en haine, nous nous sommes aimés. Je suis souvent parti en voyages, vers d’autres pays ou régions, à la recherche de ma création. La poésie est une faim en soi, l’absolu se rencontre toujours à l’horizon mais celui-ci à la fâcheuse habitude de s’éloigner. Très jeune, j’ai quitté mon village natal, je suis allé vers d’autres paysages, à la conquête de Paris déjà envahi, mais c’est dans ces collines que j’ai recherché un retour pour d’autres départs, (souvent des promenades intérieures). Puis viendra le jour du grand départ, une feuille morte se déposera dans le cimetière, il sera inscrit que la mort est une fin de soi mais que tout continue, des centaines de croix ont aimé, des centaines de villageois ont vécu, des centaines de cœurs aimeront cette route sinueuse qui serpente le long de la colline. Au sommet de cette petite montagne, nous découvrons Pouilloux...
Pourquoi donner un titre à mon poème puisque je t’aime
Dans les limites du temps donné Je parcours le marathon de la vie Distance amputée de mes souvenirs J’écris ma détresse dans tes sourires La joie de vivre à l’horizon infini Je cours comme un fou vers ta destinée
Elles finissent toutes par dire je t’aime Que l’on retourne mes phrases surannées Elles semblent trop courtes comme le jour Je te recherche partout et toujours Peu importe le chemin emprunté Peu importe le sens de mon poème
Je cours comme un fou vers ta destinée La joie de vivre à l’horizon infini J’écris ma détresse dans tes sourires Distance amputée de mes souvenirs Je parcours le marathon de la vie Dans les limites du temps donné
Peu importe le sens de mon poème Peu importe le chemin emprunté Je te recherche partout et toujours Elles semblent trop courtes comme le jour Que l’on retourne mes phrases surannées Elles finissent toutes par dire je t’aime
LE CHAT
Le chat noir doucement découvre la tristesse, Son maître décédé part pour un monde vieux, Il s’en va rechercher le paradis pieux, Sur le triste journal se lit notre détresse.
Il redit son chagrin, imite la pauvresse, Son regard aperçoit le corps silencieux, Sa queue va lentement vers le vent du Bon Dieu, Son ami définit la journée vengeresse.
Arrive l’animal, son silence chantant, Son cerveau fou ne peut comprendre cet instant, Tous les hommes présents, pénètrent dans l’église.
Enfin il étudie le malheureux linceul, L’absence répandue, désormais s’est assise, Et près de lui il court, pour qu’il ne soit pas seul...
LES PETITS PAPIERS DE MARYVONNE J’aime les petits papiers que je donne à Maryvonne, j’inscris des mots d’amour ou bien, des maux d’amour car aimer, c’est parfois souffrir. J’aime les petits papiers de Maryvonne, j’inscris mes fantasmes, par exemple, je deviens chien et je mords, je l’admets, c’est un peu carnassier. J’aime les petits papiers de Maryvonne, j’inscris tous mes mensonges et ils sont nombreux, que voulez-vous, j’enjolive la réalité pour que ma mie soit heureuse. Et je regarde mes petits papiers dans les mains brûlantes de Maryvonne, ils deviennent si légers, si noircis, si peu lisibles que l’encre indélébile que j’utilise transforme mes vers en sonnets débiles. Et comme dit maman : « tu en perds du temps à écrire ». Oui, j’ai perdu le temps et je ne l’ai pas retrouvé, comme les petits papiers de Maryvonne qui se sont envolés au gré du vent vers une destination inconnue. Quel est l’objectif de l’écriture ? Et comme le disait le poète berbère, j’écris sur le sable, le sirocco, un jour ou l’autre emportera mes écrits vers son but final. Comme les petits papiers de Maryvonne, papiers administratifs, papiers vierges, papiers de journal, papier moi je t’aime. Pourquoi je la nomme Maryvonne, pourquoi pas Simone mais c’est Maryvonne, comme un vers qui sonne. Maryvonne, elle aime bien qu’on la ramone, au moins une fois par an. Elle n’est pas gourmande, Maryvonne. Maryvonne, c’est ma cheminée, c’est ainsi que je l’ai nommée, elle se redresse avec fierté dans le ciel bleu, elle se plie sous le vent de la tempête, elle continue à évacuer le feu, même s’il pleut. Et quand je la regarde ma cheminée, les soirs mélancoliques, je me dis que la vie, ça s’en va toujours en fumée.
TU MEURS DANS LE RHIN
C’est comme si j’avais traversé six pays, Je me noie dans les eaux tourmentées Qui s’en vont vers l’immense delta trahi, Par tes yeux qui sont là pour m’emprisonner Je m’envole et j’atterris dans tes bras. Signe astrologique ou tropique, cancer, Par le dessein carcinomateux de mon aura Qui s’enlise dans les sables de l’éphémère, Je dessine les reliefs de ta géographie, La douleur imprimée d’une folie obsolète, Tumeur… Dans le rein… Fragilité de la vie, Je m’éternise sur ton corps en fête, Voyageur infatigable du rêve inachevé, J’étudie ta philosophie bienheureuse, A cet instant ton prénom murmuré, J’écris la déclaration mystérieuse, Si je t’aime c’est tout ton entourage, Peut-on définir le couple et l’amour, Le fleuve de notre passion sans âge, Pourvu que je vis avec toi toujours. Je gomme de mes rimes les frontières, Leur morale impose en soi une fin, Je veux en terminer avec le mot guerre, Comme si je disais tu meurs dans le Rhin…
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